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Ses rêves en cellophane .
samedi 5 juillet 2014, 19:58

Il n’arrivait plus à se rappeler de son prénom à elle, ni même de comment il était atterri là. Tout cela c’était perdu dans son inconscient, tourbillonnant quelque part à l’intérieur de son âme fatiguée. Ils levaient leurs verres à l’amnésie des soupirs et elle en profitait pour agripper ses pupilles violacées dans celles d’Emerick. Il avait la tête qui bourdonnait, le corps lourd et l’esprit un peu ailleurs aussi. Sa chevelure blonde déferlait sur ses épaules comme de jolies vagues et les éclats de ceux-ci ramenaient en mémoire les souvenirs des vieux étés écumants. Elle avait un drôle de rire, un de ceux qui s’encraient profondément dans les tempes et qui faisait jouer une mélodie assourdissante, acérée. Probablement était-elle consciente de son impact, de son charme un peu cuisant, puisque malgré son habit sobre, elle demeurait vêtue de cette étrange aura qui miroitait autour d’elle, exerçant un magnétisme délicat. Emerick ne l’appréciait pas, elle était dérangeante et parlait fort, mais sa compagnie était d’autant plus agréable pour ses yeux qu’elle ne l’était pour son esprit déjanté. Dans combien de temps allait-elle flancher avant de baisser les bras, laissant tomber l’idée de le ramener avec elle ? Elle semblait résolue et Emerick aussi. Travailler avec les morts lui faisait parfois oublier combien la chaleur humaine pouvait être agréable. Il n’était que la vocifération exponentielle du chaos. Une profonde souffrance gisait dans ses veines, une envie qui lentement refaisait surface. Emerick quitta le bar accompagnée par cette demoiselle sans nom qui titubait en s’agrippant à son bras. Sa robe volait au vent, ses cheveux fouettaient son visage. Elle ressemblait à ces poupées qu’on ramassait au détour d’un trottoir. Ce n’était qu’au moment de son arrivée dans son appartement qu’il avait compris toute la détresse qui perlait dans ses yeux. Elle n’était qu’au final une simple poupée qui espérait un jour dormir dans un grand lit de soie, mais qui en attendant se contentait de jouer avec de l’héroïne. Un sourire avait roulé jusqu’à ses lèvres, il n’était plus seul dans cette immensité de vide et il n’était plus le seul Maître de son propre désordre. Il empoigna ce qui était censé être sa petite folie, son échappatoire d’une nuit. Ses pupilles avaient changé de forme, il avait mal aux yeux, sentant la lumière lui brûler l’intérieur. Cette nuit là, une robe avait échoué au sol, une chevelure blonde avait virevolté et un soupir avait perlé, mais ce n’était rien. Emerick n’avait d’espoir qu’avec sa douce morphine. Il dormait presque tellement elle le grisait, elle qui glissait lentement le long de ses veines comme un poison miraculeux. Bientôt, les affres de la nuit viendraient zébrer son sommeil de jolies ribambelles de rêve. 

Quand il se réveilla, c’était son âme en entier qui semblait souffrir. Il pouvait ressentir cette douleur qui survenait toujours après les nuits d’excès. Ses souvenirs remontaient lentement, dans le désordre et un peu saturés. Emerick se sentait vide parmi les vêtements et les bouteilles qui traînaient au sol. Sa demoiselle dormait encore, elle ressemblait presque à cette poupée imaginaire avec son teint porcelaine et ses cheveux dorés. Cela ne le réconforta pas, car au plus profond de son déséquilibre, il restait toujours le même. Ce pantin abîmé, déchiré entre cette envie de vivre et cette envie d’abandon.

Libellés : Phantasme

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Ses rêves en cellophane .
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Il n’arrivait plus à se rappeler de son prénom à elle, ni même de comment il était atterri là. Tout cela c’était perdu dans son inconscient, tourbillonnant quelque part à l’intérieur de son âme fatiguée. Ils levaient leurs verres à l’amnésie des soupirs et elle en profitait pour agripper ses pupilles violacées dans celles d’Emerick. Il avait la tête qui bourdonnait, le corps lourd et l’esprit un peu ailleurs aussi. Sa chevelure blonde déferlait sur ses épaules comme de jolies vagues et les éclats de ceux-ci ramenaient en mémoire les souvenirs des vieux étés écumants. Elle avait un drôle de rire, un de ceux qui s’encraient profondément dans les tempes et qui faisait jouer une mélodie assourdissante, acérée. Probablement était-elle consciente de son impact, de son charme un peu cuisant, puisque malgré son habit sobre, elle demeurait vêtue de cette étrange aura qui miroitait autour d’elle, exerçant un magnétisme délicat. Emerick ne l’appréciait pas, elle était dérangeante et parlait fort, mais sa compagnie était d’autant plus agréable pour ses yeux qu’elle ne l’était pour son esprit déjanté. Dans combien de temps allait-elle flancher avant de baisser les bras, laissant tomber l’idée de le ramener avec elle ? Elle semblait résolue et Emerick aussi. Travailler avec les morts lui faisait parfois oublier combien la chaleur humaine pouvait être agréable. Il n’était que la vocifération exponentielle du chaos. Une profonde souffrance gisait dans ses veines, une envie qui lentement refaisait surface. Emerick quitta le bar accompagnée par cette demoiselle sans nom qui titubait en s’agrippant à son bras. Sa robe volait au vent, ses cheveux fouettaient son visage. Elle ressemblait à ces poupées qu’on ramassait au détour d’un trottoir. Ce n’était qu’au moment de son arrivée dans son appartement qu’il avait compris toute la détresse qui perlait dans ses yeux. Elle n’était qu’au final une simple poupée qui espérait un jour dormir dans un grand lit de soie, mais qui en attendant se contentait de jouer avec de l’héroïne. Un sourire avait roulé jusqu’à ses lèvres, il n’était plus seul dans cette immensité de vide et il n’était plus le seul Maître de son propre désordre. Il empoigna ce qui était censé être sa petite folie, son échappatoire d’une nuit. Ses pupilles avaient changé de forme, il avait mal aux yeux, sentant la lumière lui brûler l’intérieur. Cette nuit là, une robe avait échoué au sol, une chevelure blonde avait virevolté et un soupir avait perlé, mais ce n’était rien. Emerick n’avait d’espoir qu’avec sa douce morphine. Il dormait presque tellement elle le grisait, elle qui glissait lentement le long de ses veines comme un poison miraculeux. Bientôt, les affres de la nuit viendraient zébrer son sommeil de jolies ribambelles de rêve. 

Quand il se réveilla, c’était son âme en entier qui semblait souffrir. Il pouvait ressentir cette douleur qui survenait toujours après les nuits d’excès. Ses souvenirs remontaient lentement, dans le désordre et un peu saturés. Emerick se sentait vide parmi les vêtements et les bouteilles qui traînaient au sol. Sa demoiselle dormait encore, elle ressemblait presque à cette poupée imaginaire avec son teint porcelaine et ses cheveux dorés. Cela ne le réconforta pas, car au plus profond de son déséquilibre, il restait toujours le même. Ce pantin abîmé, déchiré entre cette envie de vivre et cette envie d’abandon.

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<< Nous ne sommes absolument rien, juste un amas de rires et de pleurs, entassé dans un faux sourire léthargique. Nous sommes identique à cet Albatros éploré, cet oiseau des mers qui ne peux marcher, empêcher par ses ailes de géant. >>
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