jeudi 21 mars 2013, 03:34
Les synapses en lambeaux, la frénésie des chairs ; l'épopée des souffles.
Suintement silencieux
qui, dessinant les arabesques de tes hanches, glisse lentement vers ta nuque.
Ta chevelure se dégage, laissant apparaître une vague tache pourpre. Beauté
atypique de la douleur, personnification lacérée de mon amour, alter ego de mon
cœur. Le délice de ton martyr me fait condamner aux limbes qui renferment mon
extase, apogée de mes ivresses, de mes dépravations infâmes. Dans tes yeux
perle un air qui reflète toute la noirceur de mes états d’âme. Toi, frêle comme
une poupée qui semblait me sourire avant l’aube, tu sembles maintenant
disparaitre sous les trépas de la nuit. Cette frayeur m’anime, elle m’asphyxie jusqu’à
ce que je ne forme plus qu’un amas de jouissances viscérales avec mon propre
cadavre. Tu es le vampire de mes nuits, la catin qui m’attise sous les étoiles
qui s’étiolent, la damnée de mes désirs. Le contact brûlant de ta peau suffit,
il m’électrise et la contraction de ton corps sous tes tremblements apeurés me
saisissent. Je suis le monstre qui te déchire sous le halo blafard, celui qui
meurtrit ta chair pour le plaisir du cri plaintif qui en émane. Les ecchymoses
qui te parcourent le corps me semblent merveilles, douces géhennes dans le
creux de tes reins. Baisers embrasés tendrement déposés sur tes lèvres endolories
suffisent pour mon absolution et déjà, tes yeux rieurs refont surface, remontant
l’abime avec entrain, gaieté. Toute force te quitte, tu t’écroules et Morphée t’enserre
de ses griffes édentées. Ton amour est noir comme le goudron, profond comme un
gouffre et il n’y a point d’écho, ce n’est que le vide qui résonne.
Libellés : Phantasme, Provocation
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