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Externe .
dimanche 6 janvier 2013, 16:25

Narrateur externe ; le narrateur raconte à la 3ème personne du singulier et dit “il”. Il est détaché de l’histoire qu’il raconte et ne participe pas aux évènements qu’il raconte. Il n’intervient pas dans le déroulement des faits et le récit semble avancer tout seul. Mais il peut parfois faire des commentaires sur les personnages, les faits dont il parle.

Comme du goudron qui coule dans les parois de la machine .
Dans cette pièce, recouverte d’une odeur de perversion, se côtoyaient parcelles de veines, morceaux de chairs et débris d’os. C’était lugubre, froid et il y planait l’impression que des âmes y vivaient encore, doucement autour de ceux qui respiraient encore, qui pouvaient ressentir la douleur et les châtiments des intempéries. Au fond, tout au fond de la pièce, se retrouvait la machine. Le moteur un peu rouillé qui avait su passer au travers les âges et il tenait encore debout, prêt à s’acquitter à la tâche en crachant une chaleur asphyxiante. Il ressemblait étrangement à ses outils de torture que l’on retrouvait dans les interrogatoires clandestins ou à une vieille machine à voyager dans le temps. Peut-être parce qu’il marquait la fin d’un univers et la renaissance d’un autre. Les morts qui s’y retrouvaient là repartaient quelque part, immanquablement. Quand il ouvrait ses portes, il faisait crisser le métal en un bruit assourdissant. Emerick n’avait jamais aimé l’appeler comme il se devait. C’était un mot qui lui restait coincé au fond de la gorge, comme si en l’espace d’une seule seconde il perdait tout sens de la parole. Cependant, il était là ce four. Il était là pour une seule et unique raison : la crémation. Des êtres y disparaissaient, laissant une simple trace de poussières grisâtres et parfois blanchâtres. Seuls quelques os restaient, symbole d’une vie jadis un peu heureuse. Pourtant, malgré tout cela, cette pièce demeurait silencieuse. Au fond, elle était inoffensive, n’exploitait rien, n’enlevait en aucun cas la dignité humaine. La machine épousait simplement les formes des macchabées et les réduisant à néant, mais cette forme était encore trop triste pour Emerick. Il trouvait cela horrible, un peu comme si tout cela n’était que pure barbarie. Était-ce seulement les fantômes de son passé qui lui revenaient sans cesse à la mémoire ou cette vision insolente qu’était son père ? Il ne pouvait décrire l’oppression qui lui broyait l’esprit. Emerick appuya sur le bouton, poussa un levier et s’affala sur sa chaise, les bras entrecroisés derrière la tête. Du bout des pieds, il remuait quelque chose qui semblait être une barre de métal et au contact du four elle émettait un tintement aigu. La chaleur lui empourprait les joues et le son des flammes devenait presque une jolie mélodie. Emerick ne comptait même plus les jours, c’était devenu une routine interminable, un peu comme s’il était coincé dans un carrousel qui se refusait d’arrêter. Et il tournait, tournait encore et encore, sans aucune interruption. Chaque soir, il en profitait pour s’allumer un joint. C’était tranquille comme endroit, surtout la nuit lorsque les chimères et les monstres sortaient de leurs cachettes. Emerick devait tuer le temps et c’était son seul moyen. Il s’évadait ainsi, imaginant au gré des bruits des ribambelles de rêveries, son crépuscule triste et ses rêves en cellophane. Emerick dédiait parfois ses déraisons aux fantasmes, à la nuit, aux escarres de l’âme, aux plaies écorchées ou tout simplement à l’absence. Il essayait de varier, histoire de contrer les malheurs que pouvaient engendrer l’ennuie. Mais il finissait toujours par s’endormir, le cendrier encore plein et bercé par la chaleur qui l’enveloppait doucement. Les premiers rayons lumineux l’éveillaient toujours, lui rappelant la veille et lui laissant les vestiges de la mort qui gisaient encore au fond de la vieille machine. 

Libellés : Provocation

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dimanche 6 janvier 2013, 16:25

Narrateur externe ; le narrateur raconte à la 3ème personne du singulier et dit “il”. Il est détaché de l’histoire qu’il raconte et ne participe pas aux évènements qu’il raconte. Il n’intervient pas dans le déroulement des faits et le récit semble avancer tout seul. Mais il peut parfois faire des commentaires sur les personnages, les faits dont il parle.

Comme du goudron qui coule dans les parois de la machine .
Dans cette pièce, recouverte d’une odeur de perversion, se côtoyaient parcelles de veines, morceaux de chairs et débris d’os. C’était lugubre, froid et il y planait l’impression que des âmes y vivaient encore, doucement autour de ceux qui respiraient encore, qui pouvaient ressentir la douleur et les châtiments des intempéries. Au fond, tout au fond de la pièce, se retrouvait la machine. Le moteur un peu rouillé qui avait su passer au travers les âges et il tenait encore debout, prêt à s’acquitter à la tâche en crachant une chaleur asphyxiante. Il ressemblait étrangement à ses outils de torture que l’on retrouvait dans les interrogatoires clandestins ou à une vieille machine à voyager dans le temps. Peut-être parce qu’il marquait la fin d’un univers et la renaissance d’un autre. Les morts qui s’y retrouvaient là repartaient quelque part, immanquablement. Quand il ouvrait ses portes, il faisait crisser le métal en un bruit assourdissant. Emerick n’avait jamais aimé l’appeler comme il se devait. C’était un mot qui lui restait coincé au fond de la gorge, comme si en l’espace d’une seule seconde il perdait tout sens de la parole. Cependant, il était là ce four. Il était là pour une seule et unique raison : la crémation. Des êtres y disparaissaient, laissant une simple trace de poussières grisâtres et parfois blanchâtres. Seuls quelques os restaient, symbole d’une vie jadis un peu heureuse. Pourtant, malgré tout cela, cette pièce demeurait silencieuse. Au fond, elle était inoffensive, n’exploitait rien, n’enlevait en aucun cas la dignité humaine. La machine épousait simplement les formes des macchabées et les réduisant à néant, mais cette forme était encore trop triste pour Emerick. Il trouvait cela horrible, un peu comme si tout cela n’était que pure barbarie. Était-ce seulement les fantômes de son passé qui lui revenaient sans cesse à la mémoire ou cette vision insolente qu’était son père ? Il ne pouvait décrire l’oppression qui lui broyait l’esprit. Emerick appuya sur le bouton, poussa un levier et s’affala sur sa chaise, les bras entrecroisés derrière la tête. Du bout des pieds, il remuait quelque chose qui semblait être une barre de métal et au contact du four elle émettait un tintement aigu. La chaleur lui empourprait les joues et le son des flammes devenait presque une jolie mélodie. Emerick ne comptait même plus les jours, c’était devenu une routine interminable, un peu comme s’il était coincé dans un carrousel qui se refusait d’arrêter. Et il tournait, tournait encore et encore, sans aucune interruption. Chaque soir, il en profitait pour s’allumer un joint. C’était tranquille comme endroit, surtout la nuit lorsque les chimères et les monstres sortaient de leurs cachettes. Emerick devait tuer le temps et c’était son seul moyen. Il s’évadait ainsi, imaginant au gré des bruits des ribambelles de rêveries, son crépuscule triste et ses rêves en cellophane. Emerick dédiait parfois ses déraisons aux fantasmes, à la nuit, aux escarres de l’âme, aux plaies écorchées ou tout simplement à l’absence. Il essayait de varier, histoire de contrer les malheurs que pouvaient engendrer l’ennuie. Mais il finissait toujours par s’endormir, le cendrier encore plein et bercé par la chaleur qui l’enveloppait doucement. Les premiers rayons lumineux l’éveillaient toujours, lui rappelant la veille et lui laissant les vestiges de la mort qui gisaient encore au fond de la vieille machine. 

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