dimanche 2 avril 2017, 17:40
Il
y a des fantômes au fond des trous. Des vipères qui rampent jusqu'à
ton cou. Les roses se fanent à mesure que les monstres apparaissent.
Ils siègent sous la lune comme des Maîtres oniriques. Ils
t'enveloppent, dégoulinent le long de tes viscères. C'est étrange
comment ils t'ont attaché les côtes, lié les deux poignets avec
des fers ployés. Sanglots nocturnes au fond des trous. Elles
t'avalent tout entière en fragments de verre. Tu voudrais te perdre
dans une brume insaisissable où Elles n'existent pas. Tes mains
tremblent toutes seules comme des petits oiseaux transis. Ta voix est
fêlée. Au fond des trous, il n'y a rien d'autre que la peur du
vide, la solitude insondable et les chimères aux rires brisés.
Elles s'amusent à jouer la comédie, des arabesques qui se dessinent
comme des ombres chinoises sur les parois des puits. Tu voudrais ne
rien dire, ne penser à rien, ne rien vouloir et même de ne pas
exister. Parce qu'au fond des trous, les fantômes t'assaillent et
t'agrippent pour mieux te déchirer en miettes.
Libellés : Abysse
0 annotation.s
