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L'élixir d'amour .
dimanche 2 avril 2017, 17:40

Il y a des fantômes au fond des trous. Des vipères qui rampent jusqu'à ton cou. Les roses se fanent à mesure que les monstres apparaissent. Ils siègent sous la lune comme des Maîtres oniriques. Ils t'enveloppent, dégoulinent le long de tes viscères. C'est étrange comment ils t'ont attaché les côtes, lié les deux poignets avec des fers ployés. Sanglots nocturnes au fond des trous. Elles t'avalent tout entière en fragments de verre. Tu voudrais te perdre dans une brume insaisissable où Elles n'existent pas. Tes mains tremblent toutes seules comme des petits oiseaux transis. Ta voix est fêlée. Au fond des trous, il n'y a rien d'autre que la peur du vide, la solitude insondable et les chimères aux rires brisés. Elles s'amusent à jouer la comédie, des arabesques qui se dessinent comme des ombres chinoises sur les parois des puits. Tu voudrais ne rien dire, ne penser à rien, ne rien vouloir et même de ne pas exister. Parce qu'au fond des trous, les fantômes t'assaillent et t'agrippent pour mieux te déchirer en miettes.


Libellés : Abysse

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Petits couteaux .
dimanche 4 octobre 2015, 20:51
Comme une pluie qui s'immisce au fond des trous. 
Des viscères, des lambeaux ; la chair. Des escarres à vif. Du sang coagulé qui dégouline.
Des trous. 
Un rideau noir qui recouvre tout. Il n'y a plus de roses à l'orée des trous. C'est le vide, l'écho résonne comme un fardeau. J'ai un manteau de larmes, petites perles salées qui recouvrent mes plaies. Des maux qui ne s'égarent jamais, ils sont là, ils murmurent. Le silence est morose. Il attend la nuit comme un peintre attend sa muse. Si je marche, le sol s'efface. Je ne ressemble pas à ces sourires qui s'émerveillent. Je suis dans les trous et je me décompose. Je n'attends rien, si ce n'est qu'un fracas qui brisera mes os. Je suis mon propre vampire qui meurt sous la nitescence du jour. 
Des trous, de la suie, des mots. 
La corde se resserre, mon cou s'étouffe, l'univers craque, le sol s'écroule, les os se calcinent, les chaînes se pendent. 

Le silence. 

Un sourire aux commissures des lèvres. 

Enfin, le souffle.


Libellés : Abysse

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Vitriol .
mercredi 29 juillet 2015, 21:39
Regarde, tu es si douce. Là, ton épiderme coule. Un torrent. Une larme. Des escarres et des blessures. Des ecchymoses cachées au fond des reins. Tu es diaphane sous le halo lumineux, tu disparais presque. Tes lèvres tremblent. Valse interminable. Il y a, au fond des trous, des murmures que l'on entrerre. Les entends-tu ? Un frisson te parcoure l'échine. Tu es si douce. Tes pieds foulent le sol à la recherche d'un bruit. Un écho. C'est un étendard que tu brandis. Muette. Là, penche-toi. Il n'y a pas de roses dans le fond des trous. Entends-tu ? C'est ton propre cœur qui déraille, qui s'entasse dans les trépas du soir. C'est ta propre voix que tu entends, qui dégouline le long des parois. C'est ton propre visage, ma douce, que tu peux voir et qui scintille dans la noirceur de tes songes. Tu es belle. Aussi belle que les fleurs qui se fanent. Pourquoi pleures-tu ? Là, ton épiderme coule. Une rivière. Un océan. Un torrent. Tu es si douce. Tu ressembles étrangement à des aquarelles remplies d'arabesques. Tu glisses comme elles. Tu meurs sous les cambrures de ton corps. Tu disparais. Regarde, tu frissonnes, tu trembles. Qui sont-elles ? Tu aimerais bien les jeter au fond des trous. Les enterrer, y mettre le feu. Les noyer. Elles ne sont pas aussi belles que toi. Mais tu trembles encore. Tu es la brume salée sur les lèvres des marins. Tu es l'onirique qui borde nos rêves, qui se love dans les recoins de nos fantasmes. Si tu ne tombes pas dans les trous, alors c'est ta propre voix qui t'égorgera. Elle sera ta chaîne, la courroie autour de ton coup. Ton bourreau. Regarde, tu es si douce. Tu as peur de la noirceur. Celle qui se tapit au fond des trous.

La vulgarité de tes mots me suinte le long des hanches. Elle résonne dans mes tempes. Je ne suis pas comme Elles. Maintenant, ton image ignominieuse me salie. Elle tourne en boucle. Tes mots ne s’effacent pas. Je ne dormirai plus, assaillit par leurs fantômes.

Libellés : Abysse

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Ses rêves en cellophane .
samedi 5 juillet 2014, 19:58

Il n’arrivait plus à se rappeler de son prénom à elle, ni même de comment il était atterri là. Tout cela c’était perdu dans son inconscient, tourbillonnant quelque part à l’intérieur de son âme fatiguée. Ils levaient leurs verres à l’amnésie des soupirs et elle en profitait pour agripper ses pupilles violacées dans celles d’Emerick. Il avait la tête qui bourdonnait, le corps lourd et l’esprit un peu ailleurs aussi. Sa chevelure blonde déferlait sur ses épaules comme de jolies vagues et les éclats de ceux-ci ramenaient en mémoire les souvenirs des vieux étés écumants. Elle avait un drôle de rire, un de ceux qui s’encraient profondément dans les tempes et qui faisait jouer une mélodie assourdissante, acérée. Probablement était-elle consciente de son impact, de son charme un peu cuisant, puisque malgré son habit sobre, elle demeurait vêtue de cette étrange aura qui miroitait autour d’elle, exerçant un magnétisme délicat. Emerick ne l’appréciait pas, elle était dérangeante et parlait fort, mais sa compagnie était d’autant plus agréable pour ses yeux qu’elle ne l’était pour son esprit déjanté. Dans combien de temps allait-elle flancher avant de baisser les bras, laissant tomber l’idée de le ramener avec elle ? Elle semblait résolue et Emerick aussi. Travailler avec les morts lui faisait parfois oublier combien la chaleur humaine pouvait être agréable. Il n’était que la vocifération exponentielle du chaos. Une profonde souffrance gisait dans ses veines, une envie qui lentement refaisait surface. Emerick quitta le bar accompagnée par cette demoiselle sans nom qui titubait en s’agrippant à son bras. Sa robe volait au vent, ses cheveux fouettaient son visage. Elle ressemblait à ces poupées qu’on ramassait au détour d’un trottoir. Ce n’était qu’au moment de son arrivée dans son appartement qu’il avait compris toute la détresse qui perlait dans ses yeux. Elle n’était qu’au final une simple poupée qui espérait un jour dormir dans un grand lit de soie, mais qui en attendant se contentait de jouer avec de l’héroïne. Un sourire avait roulé jusqu’à ses lèvres, il n’était plus seul dans cette immensité de vide et il n’était plus le seul Maître de son propre désordre. Il empoigna ce qui était censé être sa petite folie, son échappatoire d’une nuit. Ses pupilles avaient changé de forme, il avait mal aux yeux, sentant la lumière lui brûler l’intérieur. Cette nuit là, une robe avait échoué au sol, une chevelure blonde avait virevolté et un soupir avait perlé, mais ce n’était rien. Emerick n’avait d’espoir qu’avec sa douce morphine. Il dormait presque tellement elle le grisait, elle qui glissait lentement le long de ses veines comme un poison miraculeux. Bientôt, les affres de la nuit viendraient zébrer son sommeil de jolies ribambelles de rêve. 

Quand il se réveilla, c’était son âme en entier qui semblait souffrir. Il pouvait ressentir cette douleur qui survenait toujours après les nuits d’excès. Ses souvenirs remontaient lentement, dans le désordre et un peu saturés. Emerick se sentait vide parmi les vêtements et les bouteilles qui traînaient au sol. Sa demoiselle dormait encore, elle ressemblait presque à cette poupée imaginaire avec son teint porcelaine et ses cheveux dorés. Cela ne le réconforta pas, car au plus profond de son déséquilibre, il restait toujours le même. Ce pantin abîmé, déchiré entre cette envie de vivre et cette envie d’abandon.

Libellés : Phantasme

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Terreur - Réconfort - Mystère .
jeudi 22 mai 2014, 12:02
Je prends racine dans la terreur. Mon cœur s’atrophie. L’écho de ma voix résonne comme un bourdonnement terrifiant. Sous ma peau diaphane saillies mes veines endolories. Du goudron dans mes viscères. Le contact est douloureux. L’aiguille perce la fragile barrière de mon épiderme. Frisson, froideur. Je me sens raidir, je me sens souffrir comme un pantin déchiré. Par la fenêtre il y a des poupées de verre qui se brisent. Mon regard se fixe sur ses cheveux bruns. Le temps coule comme du béton et l’aiguille s’enfonce. Le vent dans ses yeux ; sur ses lèvres, le goût de la mer. Ce doit être salé. Je sens déferler en moi les larmes pleurées par l’aiguille. Son passage funèbre me laisse une ecchymose dans le creux de mon bras. Dehors, le vent fracasse les poupées. Ses cheveux bruns se perdent dans le vide et se brisent. Miles éclats de verre jonchent le sol. La sensation qui m’enveloppe n’est que léthargie. La terreur qui m’embrassait laisse maintenant place au réconfort. Son toucher est frêle, comme les poupées qui meurent sous les fleurs. J’oublie presque sa présence au-dehors. Mon visage fond, mes doigts brûlent. Je vacille. Avant de choir, mes pupilles s’accrochent à elle. L’abysse ne peut être sans elle. Son mystère m’électrise. Ses lèvres au goût de sel. Je tombe. Fracas, bourdonnement, vide. Un chrysanthème éclos au milieu des éclats de verre.

Libellés : Provocation

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L'élixir d'amour .
dimanche 2 avril 2017, 17:40

Il y a des fantômes au fond des trous. Des vipères qui rampent jusqu'à ton cou. Les roses se fanent à mesure que les monstres apparaissent. Ils siègent sous la lune comme des Maîtres oniriques. Ils t'enveloppent, dégoulinent le long de tes viscères. C'est étrange comment ils t'ont attaché les côtes, lié les deux poignets avec des fers ployés. Sanglots nocturnes au fond des trous. Elles t'avalent tout entière en fragments de verre. Tu voudrais te perdre dans une brume insaisissable où Elles n'existent pas. Tes mains tremblent toutes seules comme des petits oiseaux transis. Ta voix est fêlée. Au fond des trous, il n'y a rien d'autre que la peur du vide, la solitude insondable et les chimères aux rires brisés. Elles s'amusent à jouer la comédie, des arabesques qui se dessinent comme des ombres chinoises sur les parois des puits. Tu voudrais ne rien dire, ne penser à rien, ne rien vouloir et même de ne pas exister. Parce qu'au fond des trous, les fantômes t'assaillent et t'agrippent pour mieux te déchirer en miettes.


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Petits couteaux .
dimanche 4 octobre 2015, 20:51
Comme une pluie qui s'immisce au fond des trous. 
Des viscères, des lambeaux ; la chair. Des escarres à vif. Du sang coagulé qui dégouline.
Des trous. 
Un rideau noir qui recouvre tout. Il n'y a plus de roses à l'orée des trous. C'est le vide, l'écho résonne comme un fardeau. J'ai un manteau de larmes, petites perles salées qui recouvrent mes plaies. Des maux qui ne s'égarent jamais, ils sont là, ils murmurent. Le silence est morose. Il attend la nuit comme un peintre attend sa muse. Si je marche, le sol s'efface. Je ne ressemble pas à ces sourires qui s'émerveillent. Je suis dans les trous et je me décompose. Je n'attends rien, si ce n'est qu'un fracas qui brisera mes os. Je suis mon propre vampire qui meurt sous la nitescence du jour. 
Des trous, de la suie, des mots. 
La corde se resserre, mon cou s'étouffe, l'univers craque, le sol s'écroule, les os se calcinent, les chaînes se pendent. 

Le silence. 

Un sourire aux commissures des lèvres. 

Enfin, le souffle.


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Vitriol .
mercredi 29 juillet 2015, 21:39
Regarde, tu es si douce. Là, ton épiderme coule. Un torrent. Une larme. Des escarres et des blessures. Des ecchymoses cachées au fond des reins. Tu es diaphane sous le halo lumineux, tu disparais presque. Tes lèvres tremblent. Valse interminable. Il y a, au fond des trous, des murmures que l'on entrerre. Les entends-tu ? Un frisson te parcoure l'échine. Tu es si douce. Tes pieds foulent le sol à la recherche d'un bruit. Un écho. C'est un étendard que tu brandis. Muette. Là, penche-toi. Il n'y a pas de roses dans le fond des trous. Entends-tu ? C'est ton propre cœur qui déraille, qui s'entasse dans les trépas du soir. C'est ta propre voix que tu entends, qui dégouline le long des parois. C'est ton propre visage, ma douce, que tu peux voir et qui scintille dans la noirceur de tes songes. Tu es belle. Aussi belle que les fleurs qui se fanent. Pourquoi pleures-tu ? Là, ton épiderme coule. Une rivière. Un océan. Un torrent. Tu es si douce. Tu ressembles étrangement à des aquarelles remplies d'arabesques. Tu glisses comme elles. Tu meurs sous les cambrures de ton corps. Tu disparais. Regarde, tu frissonnes, tu trembles. Qui sont-elles ? Tu aimerais bien les jeter au fond des trous. Les enterrer, y mettre le feu. Les noyer. Elles ne sont pas aussi belles que toi. Mais tu trembles encore. Tu es la brume salée sur les lèvres des marins. Tu es l'onirique qui borde nos rêves, qui se love dans les recoins de nos fantasmes. Si tu ne tombes pas dans les trous, alors c'est ta propre voix qui t'égorgera. Elle sera ta chaîne, la courroie autour de ton coup. Ton bourreau. Regarde, tu es si douce. Tu as peur de la noirceur. Celle qui se tapit au fond des trous.

La vulgarité de tes mots me suinte le long des hanches. Elle résonne dans mes tempes. Je ne suis pas comme Elles. Maintenant, ton image ignominieuse me salie. Elle tourne en boucle. Tes mots ne s’effacent pas. Je ne dormirai plus, assaillit par leurs fantômes.

Libellés : Abysse


Ses rêves en cellophane .
samedi 5 juillet 2014, 19:58

Il n’arrivait plus à se rappeler de son prénom à elle, ni même de comment il était atterri là. Tout cela c’était perdu dans son inconscient, tourbillonnant quelque part à l’intérieur de son âme fatiguée. Ils levaient leurs verres à l’amnésie des soupirs et elle en profitait pour agripper ses pupilles violacées dans celles d’Emerick. Il avait la tête qui bourdonnait, le corps lourd et l’esprit un peu ailleurs aussi. Sa chevelure blonde déferlait sur ses épaules comme de jolies vagues et les éclats de ceux-ci ramenaient en mémoire les souvenirs des vieux étés écumants. Elle avait un drôle de rire, un de ceux qui s’encraient profondément dans les tempes et qui faisait jouer une mélodie assourdissante, acérée. Probablement était-elle consciente de son impact, de son charme un peu cuisant, puisque malgré son habit sobre, elle demeurait vêtue de cette étrange aura qui miroitait autour d’elle, exerçant un magnétisme délicat. Emerick ne l’appréciait pas, elle était dérangeante et parlait fort, mais sa compagnie était d’autant plus agréable pour ses yeux qu’elle ne l’était pour son esprit déjanté. Dans combien de temps allait-elle flancher avant de baisser les bras, laissant tomber l’idée de le ramener avec elle ? Elle semblait résolue et Emerick aussi. Travailler avec les morts lui faisait parfois oublier combien la chaleur humaine pouvait être agréable. Il n’était que la vocifération exponentielle du chaos. Une profonde souffrance gisait dans ses veines, une envie qui lentement refaisait surface. Emerick quitta le bar accompagnée par cette demoiselle sans nom qui titubait en s’agrippant à son bras. Sa robe volait au vent, ses cheveux fouettaient son visage. Elle ressemblait à ces poupées qu’on ramassait au détour d’un trottoir. Ce n’était qu’au moment de son arrivée dans son appartement qu’il avait compris toute la détresse qui perlait dans ses yeux. Elle n’était qu’au final une simple poupée qui espérait un jour dormir dans un grand lit de soie, mais qui en attendant se contentait de jouer avec de l’héroïne. Un sourire avait roulé jusqu’à ses lèvres, il n’était plus seul dans cette immensité de vide et il n’était plus le seul Maître de son propre désordre. Il empoigna ce qui était censé être sa petite folie, son échappatoire d’une nuit. Ses pupilles avaient changé de forme, il avait mal aux yeux, sentant la lumière lui brûler l’intérieur. Cette nuit là, une robe avait échoué au sol, une chevelure blonde avait virevolté et un soupir avait perlé, mais ce n’était rien. Emerick n’avait d’espoir qu’avec sa douce morphine. Il dormait presque tellement elle le grisait, elle qui glissait lentement le long de ses veines comme un poison miraculeux. Bientôt, les affres de la nuit viendraient zébrer son sommeil de jolies ribambelles de rêve. 

Quand il se réveilla, c’était son âme en entier qui semblait souffrir. Il pouvait ressentir cette douleur qui survenait toujours après les nuits d’excès. Ses souvenirs remontaient lentement, dans le désordre et un peu saturés. Emerick se sentait vide parmi les vêtements et les bouteilles qui traînaient au sol. Sa demoiselle dormait encore, elle ressemblait presque à cette poupée imaginaire avec son teint porcelaine et ses cheveux dorés. Cela ne le réconforta pas, car au plus profond de son déséquilibre, il restait toujours le même. Ce pantin abîmé, déchiré entre cette envie de vivre et cette envie d’abandon.

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Terreur - Réconfort - Mystère .
jeudi 22 mai 2014, 12:02
Je prends racine dans la terreur. Mon cœur s’atrophie. L’écho de ma voix résonne comme un bourdonnement terrifiant. Sous ma peau diaphane saillies mes veines endolories. Du goudron dans mes viscères. Le contact est douloureux. L’aiguille perce la fragile barrière de mon épiderme. Frisson, froideur. Je me sens raidir, je me sens souffrir comme un pantin déchiré. Par la fenêtre il y a des poupées de verre qui se brisent. Mon regard se fixe sur ses cheveux bruns. Le temps coule comme du béton et l’aiguille s’enfonce. Le vent dans ses yeux ; sur ses lèvres, le goût de la mer. Ce doit être salé. Je sens déferler en moi les larmes pleurées par l’aiguille. Son passage funèbre me laisse une ecchymose dans le creux de mon bras. Dehors, le vent fracasse les poupées. Ses cheveux bruns se perdent dans le vide et se brisent. Miles éclats de verre jonchent le sol. La sensation qui m’enveloppe n’est que léthargie. La terreur qui m’embrassait laisse maintenant place au réconfort. Son toucher est frêle, comme les poupées qui meurent sous les fleurs. J’oublie presque sa présence au-dehors. Mon visage fond, mes doigts brûlent. Je vacille. Avant de choir, mes pupilles s’accrochent à elle. L’abysse ne peut être sans elle. Son mystère m’électrise. Ses lèvres au goût de sel. Je tombe. Fracas, bourdonnement, vide. Un chrysanthème éclos au milieu des éclats de verre.

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<< Nous ne sommes absolument rien, juste un amas de rires et de pleurs, entassé dans un faux sourire léthargique. Nous sommes identique à cet Albatros éploré, cet oiseau des mers qui ne peux marcher, empêcher par ses ailes de géant. >>
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Tu n'as pas à avoir peur, ce n'est qu'un bordel aux couleurs pourpres.
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